Télécharger la saison 21/22

Vibrer, s’émouvoir, vivre, 

La sidération, le manque, la reprise, la déception, l’adaptation, mais aussi la confiance, le soutien, l’espoir !

Le patrimoine culturel, pilier fondateur de notre société et notre république, est une composante majeure de ces habitudes où chacun avait, il y a quelques mois encore, le loisir de se réfugier et s’épanouir que ce soit dans les domaines de la littérature, du cinéma, des arts plastiques, de la musique et du spectacle vivant.

La musique est l’art du temps. Programmer de la musique, c’est parfois avoir l’impression de maitriser ce temps, quand l’anticipation devient une nécessité, en projetant aujourd’hui ce qui prendra forme demain, dans les mois ou les années prochaines. Proposer au public des œuvres est un équilibre subtil entre les besoins de chacun en matière de culture, la valorisation de l’immense patrimoine existant, la révélation des créations et des jeunes talents émergents, et la dimension politique et territoriale dans laquelle ces programmations s’inscrivent. Cette période inédite, comme toutes les crises, ouvre des champs et des perspectives nouvelles, peut-être infinies. L’explosion de la digitalisation de notre société avec le développement du numérique nous conduit nécessairement à consolider la création artistique vivante, mais également penser pour l’avenir des formes nouvelles de propositions. Ces perspectives, au regard des nouveaux moyens dont tout un chacun s’est approprié l’utilisation, doit mettre l’humain, et le vivant, toujours au cœur de nos préoccupations. Notre société, et plus largement la civilisation humaine, s’est forgée et développée depuis les millénaires sur les interactions entre les individus, par-delà les frontières, les langages, les cultures propres, et le génie humain s’est révélé dans la superposition de ces échanges, de ces strates où chacun, à différentes époques, a apporté et contribué. Notre contribution, dans notre temps, c’est de continuer à faire vibrer l’héritage du génie humain passé et permettre, audacieusement, la découverte de chemins nouveaux. 

Mais le rôle de notre Etablissement Culturel, ici à Pau, en Béarn, va au-delà, avec un objectif majeur, celui de sublimer les émotions qui sont primordiales dans la vie de chacun. L’émotion du spectateur, celui, mélomane, qui redécouvre des œuvres magistrales sous un jour nouveau, ou encore, celui qui n’avait jamais franchi les portes de la salle de concert. L’émotion d’un enfant d’El Camino, qui reçoit pour la première fois son instrument de musique, et commence à jouer ses premières notes, sous le regard lumineux et profondément ému de ses parents. L’émotion, toujours plus intense, du musicien, qui a voué sa vie à monter sur scène, pour lui-même transmettre… Ces émotions.

Nous tenons à vous remercier, cher public, pour votre soutien, votre confiance, votre présence tout au long de ces mois complexes.

Avoir également une pensée émue et reconnaissante pour les artistes, de l’orchestre et du chœur, contraints de se taire pendant des mois.

Remercier également le Conseil d’Administration de notre Etablissement, présidé par François Bayrou, de sa confiance et de sa hauteur de vue pendant cette période si compliquée.

Bref, retrouvons, ensemble, ce souffle et cette respiration commune qui nous lient depuis tant d’années. 

Amitiés à tous et à chacun,

Frédéric Morando, directeur général


L’attachement,

Cher public, 

Depuis presque vingt ans, et encore plus après ces mois de silence, je ressens un attachement viscéral à notre ville de Pau. Sans doute parce qu’il a fallu, pendant toute cette période, inventer, réfléchir, s’adapter, s’appuyer sur les piliers de notre projet et sur les amis les plus proches.

Bien sûr le public m’a manqué, nous a manqué, vos applaudissements, votre gratitude si souvent exprimée sont notre air, notre raison d’être. Votre souffle, dans mon dos, lorsque je dirige me donne, depuis tant d’années, l’énergie indispensable à l’exercice de notre art.

Bien sûr aussi, les artistes avec lesquels nous travaillons puis nous donnons les concerts m’ont manqué : les compagnons réguliers de l’orchestre, les solistes de passage, les compositeurs.

Alors, nous avons souhaité vous retrouver avec une saison audacieuse et joyeuse en compagnie de notre compositeur en résidence, Baptiste Trotignon, génial pianiste de jazz et compositeur de talent, jetant des ponts sublimes entre l’univers symphonique et le jazz. J’aurai aussi le privilège et la chance de partager la scène avec de jeunes solistes exceptionnels, Romain Leleu, Esther Yoo, Alexandre Kantorow qui nous fait l’amitié de revenir, et Astrig Siranossian, dans un programme arménien spécialement concocté pour vous.

Et puis, je voudrais aussi vous parler des jeunes d’El Camino, issus de cette école de musique pas comme les autres et que vous êtes si nombreux à soutenir et à applaudir lorsqu’ils se produisent. Ils m’ont ému aux larmes cet été à Berlin lors de l’Académie franco-allemande et du concert final qui réunissait 38 jeunes palois et autant de jeunes berlinois. Je voudrais ici les remercier.

Nous avons totalement repensé cette école afin que les familles et les jeunes ouvrent cette porte qu’ils n’imaginaient souvent pas, celle de faire de la musique.

Nous nous retrouvons, nous nous rassemblons à nouveau pour faire vibrer l’air, pour respirer ensemble le parfum subtil et toujours différent du concert.

Vous m’avez tant manqué que je sais aujourd’hui combien je vous aime.

Fayçal Karoui, directeur musical

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