31 mars, 1er & 2 avril 2022 — Église Saint-Jacques

Les 31 mars & 1er avril 2022 à 20h (rencontre avant concert à 19h)
Le 2 avril 2022 à 11h & 18h (rencontre avant concert à 10h & 17h)

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Chœur OPPB, Direction Pascale Verdier

Chœur OPPB, Pascale Verdier

Fayçal Karoui, Direction

  • TROTIGNON : Au bout du petit matin
  • DVOŘÁK : Stabat Mater

 Au bout du petit matin, Baptiste Trotignon

Nous nous sommes rencontrés avec Henri Demarquette, et avons imaginé pouvoir se retrouver sur un projet commun autour de Vocello, une façon d’ouvrir en miroirs nos univers créatifs. Au delà du plaisir de pouvoir travailler avec un interprète aussi attentionné à l’expressivité ardente de son instrument et avec un ensemble vocal aussi pertinent que Sequenza 9.3, l’idée de créer une musique autour de cette intention vocale m’a paru très excitante.

Nous avons commencé à réfléchir sur le choix des textes à mettre en musique, s’est dessinée assez rapidement l’idée et l’envie de créer un lien avec ma culture de jazzman et par extension avec la culture noire , la musique afro-américaine ayant été dans mon parcours source d’inspiration éternelle. Par contre il m’est apparu assez évident qu’il fallait éviter le piège de vouloir se référencer directement à la culture gospel , magnifique archétype vocal de cette culture musicale noire mais qui aurait risqué de phagocyter le projet dans une couleur que je ne souhaitais pas. J’ai alors pensé à ce “Cahier d’un retour au pays natal” , long poème d’Aimé Césaire que j’avais lu quelques années auparavant et qui m’avait frappé par sa beauté tout d’abord mais aussi par sa force et sa violence assez bouleversante dans sa revendication , et cette fameuse notion de négritude qu’il utilise souvent m’a renvoyé à toute la force du blues et l’essence même de la musique afro-américaine.

J’ai donc souhaité ici avec “Au bout du petit matin…” ( qui sont aussi les premiers mots du livre, et qui dans mon imaginaire m’évoquent une sorte de blues antillais, nostalgie mêlée d’espoir ) écrire une musique qui évoque la profondeur de cette période sombre de l’histoire telle que la raconte Césaire, avec sa violence et sa noirceur, mais en même temps avec sa lumière intense et la fierté et joie qui l’accompagne. »                                                                                                Baptiste Trotignon

Stabat Mater, Dvorak

Alors qu’il est encore peu connu en dehors de son pays d’origine, le Stabat Mater va contribuer à faire connaître l’auteur sur la scène mondiale. L’œuvre est dédicacée à František Hušpauer, un ami d’enfance du musicien. Elle est sa première œuvre sacrée (à part une messe de jeunesse qu’il a détruite et une autre qui a été perdue) et est intimement liée à la tragédie familiale qui frappe Dvořák. Le 21 septembre 1875, sa fille nouveau-née Josefa meurt. En réaction à ce deuil, Dvořák compose une première version de l’œuvre entre le 19 février et le 7 mai 1876. Cette version est confiée à quatre solistes, un chœur et un piano. Dvořák met l’œuvre de côté sans aborder l’orchestration.

Dvořák perd ses deux autres enfants à quelques semaines d’intervalle, sa fille Ruzena le 13 août et son fils ainé Otokar le 8 septembre 1877. C’est alors qu’il reprend le manuscrit abandonné l’année précédente. Il rajoute trois mouvements (les numéros 5, 6 et 7) et orchestre l’ensemble de l’œuvre entre octobre et le 13 novembre 1877.

Le compositeur suit dans l’ensemble la version liturgique du Missel romain, mais s’en éloigne de temps en temps vers la fin pour suivre celle de la séquence du XIIIe siècle de Jacopo da Todi, qui traduisent plus spécifiquement sa propre douleur, suivant en cela une pratique fréquente au XIXe siècle.
Le compositeur a dépassé sa propre souffrance pour donner une œuvre empreinte d’émotion confiée plus aux voix qu’à l’orchestre, mais jaillissante et spontanée même dans l’affliction atteignant ainsi une grandeur universelle.

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