Ravel, la pudeur au souffle inouï

 

19 Novembre à 15h30 – Théâtre Saint-Louis
Café concert à 14h30

Quatuor Zaïde

 

  • Beethoven : Quatuor Op.18 n°5
  • Haydn : Quatuor Op.20 n°5
  • Ravel : Quatuor Op.35

 

Premier violon : Charlotte Juillard
Deuxième violon : Leslie Boulin Raulet
Alto : Sarah Chenaf
Violoncelle : Juliette Salmona

 

Le quatuor Zaïde est né il y a sept ans porté très vite par une série de succès lors de concours internationaux et par la rencontre de l’un des membres du quatuor Alban Berg: Hatto Beyerle.
Le chemin parcouru depuis a fait voyager cette petite formation de quatre jeunes femmes dans le monde entier, à pratiquer un large répertoire et à partager leur passion pour la musique de chambre avec nombre de musiciens remarquables.

En 2010, un an seulement après sa constitution, le quatuor a déjà remporté une impressionnante série de prix : le prix de la presse internationale décerné à l’unanimité au concours international de quatuor à cordes de Bordeaux, le 3e prix du concours international de quatuor à cordes de Banff (Canada), et le 1er prix du concours international Charles Hennen à Heerlen (Hollande). À ceux ci s’ajoute un premier prix au concours international de Pékin un an plus tard.

L’odyssée du quatuor Zaïde le mène à se produire en Europe à la Philharmonie de Berlin, au Wigmore Hall et au Barbican à Londres, au Musikverein de Vienne, au Concertgebouw d’Amsterdam, à la Philharmonie de Cologne et du Luxembourg, au Laeiszhalle de Hambourg, au Festspielhaus de Baden Baden, au Konserthuset de Stockholm, au Bozar à Bruxelles, au Palais des Arts de Budapest, à l’Auditorium de Barcelone, à la Fondation Gulbenkian de Lisbonne, au Megaron d’Athènes, au Town Hall de Birmingham, au Stage Gateshead de Newcastle, et pour des tournées en Irlande, en Suède et en Italie.
Et aussi hors du continent: au Jordan Hall à Boston, au Merkin Hall à New York, à la Biblioteca de Luis Arango à Bogota, à l’auditorium de la Cité Interdite de Pékin, au Beijing Concert Hall..
Quand elles sont chez elles à Paris, on a pu entendre les quatre musiciennes au Théâtre des Champs Elysées, au théâtre de la ville, à la Philharmonie, aux bouffes du Nord et bientôt au Musée d’Orsay.

Si les festivals et les tournées leur font sillonner l’espace, les membres du quatuor Zaïde explorent aussi le temps et l’histoire. La jeune formation met un point d’honneur à ne pas se spécialiser dans un répertoire spécifique, convaincue que la musique d’hier éclaire l’actualité et qu’on ne peut comprendre la musique du passé sans habiter celle d’aujourd’hui.

Fondateur de la discipline du quatuor à cordes, Joseph Haydn reste toujours au cœur des activités du groupe : les premiers pas se font sur une partition de Haydn, et la fréquentation assidue de ce compositeur mène en 2012 à la victoire du concours international Joseph Haydn à Vienne ainsi que trois prix spéciaux dont la meilleure interprétation d’un quatuor de Haydn.
Plus récemment, en décembre 2015, chez le label NoMad Music, un deuxième album est consacré à Haydn avec les six quatuors de l’opus 50.

En ce qui concerne la musique d’aujourd’hui, le quatuor Zaïde a créé deux oeuvres en 2016, un quatuor de la jeune italienne Francesca Verunelli commandé grâce au concours du programme Écho Rising star, ainsi qu’un quintette avec piano de Marco Momi en partenariat avec l’Ircam. À ces premières s’ajoutent des pièces de Xenakis, Gubaïdulina, Dutilleux, Pintcher, Reich, Rihm, Harvey..
Les musiciennes sont également férues de musique moderne comme l’atteste leur premier disque qui comprend les deux quatuors de Janacek et le quatrième quatuor de Martinú. Résidentes à la fondation Singer Polignac, c’est sous l’égide de la princesse de Polignac, amie et mécène de Ravel et Fauré que le quatuor pratique la musique française.

Le quatuor aime élargir son cercle à de nouveaux venus et partage volontiers ses concerts avec des partenaires tels que Miguel Da Silva, Yovan Markovitch, Jerôme Pernoo, Julian Steckel, Edgar Moreau, les pianistes Alexandre Tharaud, Bertrand Chamayou, Adam Laloum, David Kadouch, Jonas Vitaud, Beatrice Rana, Abdel Raman el Bacha et des amis comme le Quatuor Voce et le Koos Quartet.

Au début de son histoire, le quatuor a étudié un an à Vienne avec Johannes Meissl, membre du quatuor Artis et a participé de nombreuses fois à L’European Chamber Music Academy fondée par Hatto Beyerle.
Il a été lauréat 2010 du programme « Génération Spedidam », soutenu par le Mécénat musical de la société générale, ensemble lauréat HSBC 2010 du Festival d’Aix en Provence, 1er prix 2011 du concours de la FNAPEC et a été l’invité en résidence à l’Académie Musicale de Villecroze .

Leslie Boulin Raulet joue un violon D’Aldric de 1810 gracieusement prêté par la fondation Zilber-Vatelot-Rampal.
Juliette Salmona joue un violoncelle de Claude-Augustin Miremont prêté par « l’association des amis du violoncelle ».

Le Quatuor Zaïde apparaît régulièrement sur les petites ondes comme sur les grandes.

Pourquoi Zaïde ?

C’est toujours difficile de choisir un nom. Il faut grandir avec, vieillir avec, il faut le dire à chaque fois qu’on rencontre quelqu’un et le répéter en articulant exagérément lorsque l’on ne se fait pas comprendre. Dans le cas d’un quatuor à cordes, après s’être longtemps battu sans se mettre d’accord, une fois qu’on l’a enfin trouvé, on n’en finit pas d’expliquer pourquoi on a ce nom là.
C’est probablement le nom qui nous trouve et pas le contraire, car nous nous sommes toutes reconnues instantanément quand l’une de nous a parlé de Zaïde, le Singspiel inachevé de Mozart. D’abord à cause de l’impression sonore immédiate, on écoute, c’est court, c’est vif, et depuis notre français, c’est un peu exotique avec le Z et le trémas ¨, ça donne envie de voyager.
Et puis le nom commence à résonner…. Zaïde, c’est l’héroïne du drame, et il va de soi que notre quatuor est le centre de l’histoire que nous commençons à écrire ensemble. Le genre du Singspiel (une version populaire de l’opéra) nous inspire également. De l’allemand « singen » : chanter et « spielen » : jouer.
Chanter, parce que la voix est toujours un modèle pour nous et un idéal pour tout musicien, c’est le premier des instruments et probablement le plus expressif.
Jouer, parce que dans le monde de la musique classique, appelée aussi musique savante avec pédanterie, nous remarquons que parmi les déformations professionnelles d’un interprète, il y a parfois l’omission de cet élément crucial et tout simple : la musique est un jeu, au sens où un enfant le comprends, du latin jõcus : plaisanterie!
Le jeu, « das Spiel », avant d’être celui d’un musicien, c’est le théâtre et le plaisir de se glisser dans la peau d’un personnage. Ce qui nous renvoie aux mots, à la langue qui est le fondement de la musique du dix huitième, le siècle de Haydn et de Mozart, le berceau du quatuor à cordes. Parler, c’est ce que nous voulons faire avec notre quatuor et c’est la première raison d’être du genre: quatre personnes se réunissent pour discuter en musique, se dire des choses entre elles et à ceux qui écoutent, d’une seule ou de plusieurs voix, dans un nombre infini de combinaisons. Nous trouvons cela bien plus riche que de parler tout seul.
Et puis, pas loin de Zaïde se tient Mozart. Nous n’aurions su trouver meilleur parrainage que celui de la rockstar viennoise : Mozart a la part belle dans la genèse de notre discipline, mais surtout, il sait comment parler à tout le monde : sa musique ne touche pas plus l’aristocrate que le bourgeois, que le paysan, ni plus le sentimental que l’intellectuel, ni moins le néophyte, ni moins le spécialiste, ni moins l’homme du siècle des lumières que celui d’aujourd’hui.
Et puisque Zaïde est une oeuvre inachevée, nous avons hâte d’en écrire la suite…

 

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